Le Royaume-Uni, cinquième puissance économique mondiale, demeure un marché incontournable pour les entreprises françaises malgré le Brexit. Avec près de 67 millions d’habitants et un PIB avoisinant les 2 800 milliards d’euros, il offre de nombreuses opportunités, notamment dans les secteurs des services financiers, de la tech, de la distribution, de l’aéronautique et de la pharmacie. Ce guide complet vous accompagne dans votre démarche d’exportation ou d’implantation au Royaume-Uni, en abordant les aspects juridiques, fiscaux et culturels essentiels à la réussite de votre projet.
1. Le marché britannique : atouts et spécificités
Indicateurs macroéconomiques et secteurs clés
Population : Environ 67 millions d’habitants
PIB : Environ 2 800 milliards d’euros (2023)
Taux de croissance : Oscille entre 1 % et 2 % selon les années (soumis à variation post-Brexit)
Les secteurs porteurs
Principaux secteurs :
Services financiers et bancaires (Londres, City)
Tech et innovation (Londres, Cambridge, Manchester)
Distribution et e-commerce
Aéronautique et défense (Rolls-Royce, BAE Systems)
Industrie pharmaceutique (AstraZeneca, GSK)
Industries créatives (mode, design, jeux vidéo)
Énergies renouvelables et cleantech fort pouvoir d’achat.
Les investissements prioritaires s’orientent vers :
Hydrogène vert : 4 milliards de livres de subventions d’ici 20303
Smart Cities : 32 projets urbains labellisés en 2024
Healthtech : marché en croissance de 19 % par an
Régions dynamiques
Londres et sa région : Pôle financier, assurance, tech et fintech.
Taxe carbone : 75 £/tonne en 2026 vs 45 £ actuellement
Digital Services Tax : 2 % sur chiffre d’affaires des géants tech
Accord de reconnaissance mutuelle France-UK en négociation pour 2025
Les investissements prioritaires s’orientent vers :
Hydrogène vert : 4 milliards de livres de subventions d’ici 2030
Smart Cities : 32 projets urbains labellisés en 2024
Healthtech : marché en croissance de 19 % par an
Les entreprises et marques iconiques au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni est un véritable vivier d’entreprises emblématiques et innovantes, couvrant une large diversité de secteurs. Dans les services financiers, Londres abrite des géants tels que HSBC, Barclays, et Lloyds Banking Group, qui jouent un rôle clé sur les marchés internationaux. L’énergie est également un secteur prépondérant, avec des entreprises comme BP et Shell, leaders mondiaux dans les hydrocarbures et de plus en plus impliqués dans la transition énergétique.
Le Royaume-Uni excelle dans l’industrie automobile avec des marques prestigieuses telles que Rolls-Royce (aéronautique et automobile) et Jaguar Land Rover, qui incarnent l’excellence en ingénierie. L’industrie manufacturière est représentée par des entreprises comme JCB, spécialisée dans les équipements de construction, et Dyson, pionnier dans l’innovation technologique. Dans le domaine de la distribution, des enseignes comme Tesco, Sainsbury’s, et Asda dominent le commerce de détail.
La nouvelle Economie
Les entreprises digitales et les scale-ups britanniques connaissent un essor remarquable. Londres est un hub technologique majeur, accueillant des acteurs comme Deliveroo (livraison alimentaire), Revolut (fintech), et Darktrace (cybersécurité). Ces entreprises illustrent la capacité du Royaume-Uni à innover dans les secteurs numériques.
Les industries créatives sont également un point fort du pays, avec des acteurs comme la BBC, Sky, et des studios de jeux vidéo tels que Rockstar Games, à l’origine de franchises mondialement célèbres. Enfin, le secteur agroalimentaire est porté par des marques comme Young’s Seafood et Walkers Crisps, qui exportent leurs produits dans le monde entier.
Les entreprises Françaises
Du côté des entreprises françaises implantées au Royaume-Uni, on retrouve des marques reconnues telles que Michelin, qui opère dans le secteur automobile, ou encore Decathlon, leader du sport. Des ETI comme Lactalis (agroalimentaire) ou Schneider Electric (équipements électriques) ont également su tirer parti du marché britannique pour étendre leur influence internationale. Ces implantations témoignent de la forte coopération économique entre les deux pays.
Ainsi, le Royaume-Uni combine tradition industrielle, innovation digitale, et puissance mondiale pour offrir un environnement propice aux entreprises ambitieuses.
Grande-Bretagne et Royaume-Uni : la différence
La Grande-Bretagne désigne l’île principale regroupant l’Angleterre, l’Écosse et le Pays de Galles, tandis que le Royaume-Uni inclut également l’Irlande du Nord. Cette distinction géographique impacte votre stratégie commerciale : certaines régions offrent des aides spécifiques (ex : taux réduit de TVA en Écosse) et des écosystèmes sectoriels distincts. Pour exporter ou s’implanter, adapter son approche aux particularités administratives et économiques de chaque territoire est clé.
1.2 Les Relations commerciales franco-britanniques
Malgré le Brexit, les échanges bilatéraux restent denses :
31 milliards d’euros d’exportations françaises vers le Royaume-Uni en 2023
11 milliards d’euros d’excédent commercial pour la France
3 300 entreprises françaises implantées employant 370 000 personnes
Fintech : 1ère place européenne avec 42 % des investissements VC en 20231
E-commerce : panier moyen de 85 £ (+14 % vs 2022)
2.1 Trouver des partenaires (distributeurs, importateurs, agents)
Pour réussir à exporter vers le Royaume-Uni, il est crucial de s’appuyer sur des relais locaux :
Salons professionnels incontournables :
Farnborough International Airshow (aéronautique)
London Tech Week (tech, IA, innovation)
Food & Drink Expo (Birmingham) (agroalimentaire)
Spring Fair (Birmingham) (distribution, biens de consommation)
2.2 Règlementations post-Brexit
Douanes et déclarations d’import/export :
Possibilité de recourir à des transitaires et déclarants en douane pour simplifier les formalités.
Règles sanitaires et phytosanitaires :
Pour l’agroalimentaire et les produits d’origine animale, contrôles spécifiques et certificats requis.
TVA et accises :
Pour les ventes B2B, il est souvent nécessaire de s’enregistrer à la TVA britannique si vous stockez vos produits au Royaume-Uni ou si vous dépassez certains seuils.
2.3 Normes et certifications
Conformité UKCA :
Le marquage UKCA (UK Conformity Assessed) remplace progressivement le marquage CE pour certains produits mis sur le marché britannique.
Agences de régulation :
MHRA (Medical and Healthcare products Regulatory Agency) pour le médical
DEFRA (Department for Environment, Food & Rural Affairs) pour l’agroalimentaire
Exporter en Grande-Bretagne : 3 leviers incontournables
Cibler les niches porteuses : agroalimentaire haut de gamme (+18 % de croissance en 2024) et technologies vertes (27 Mds£ d’investissements publics).
Maîtriser les formalités post-Brexit : certification UKCA obligatoire pour 75 % des produits industriels, déclarations douanières électroniques sous 48h.
Optimiser la logistique : privilégier les entrepôts fiscaux (Customs Warehousing) pour réduire la TVA de 20 % à 5 % sur les stocks transitant par les Freeports.
S’implanter en Grande-Bretagne : stratégies territorialisées
Choix juridique : La société Ltd reste la plus prisée (création en 24h, taux d’IS à 19 %).
Localisation stratégique :
Écosse : subventions jusqu’à 500 000 £ pour les énergies marines.
Midlands : hub automobile avec 60 % de la production britannique.
Culture d’entreprise : privilégier les contrats flexibles (35 % des emplois en zero-hours contracts) et les partenariats locaux (ex : Chambre de Commerce Franco-Britannique). Un audit régional personnalisé double vos chances de succès.
3. S’implanter au Royaume-Uni : formes juridiques et démarches
Limited Company (Ltd) est la forme la plus courante pour les PME et ETI souhaitant créer une filiale au Royaume-Uni. Le capital peut être symbolique, et les formalités sont relativement simples via le site GOV.UK.
Rédiger les statuts (Articles of Association) et l’acte constitutif (Memorandum of Association).
Dépôt du dossier auprès de Companies House, paiement des frais d’enregistrement (environ 12 £ en ligne).
Obtention du Certificate of Incorporation : preuve légale de l’existence de la société.
Ouverture d’un compte bancaire professionnel : démarches simplifiées si vous disposez d’une adresse locale.
3.3 Autres formalités
Enregistrement à la TVA : Obligatoire si votre chiffre d’affaires au Royaume-Uni dépasse 85 000 £ par an.
Gestion de la paie et des cotisations sociales : Via PAYE (Pay As You Earn), système de prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu.
Employeur : Veiller au respect des lois sociales et du droit du travail britannique (statut des salariés, congés, licenciements, etc.).
Contact avec le HMRC (Her Majesty’s Revenue and Customs) pour s’enregistrer en tant qu’employeur
Souscription à une assurance responsabilité employeur dès l’embauche de personnel
3.4 Optimisation opérationnelle
Logistique et supply chain
Délais moyens :
Transport routier : 2-3 jours (contre 5 jours pré-Brexit)
Maritime (Le Havre-Felixstowe) : 48h (+25 % de coût vs 2020)
Solutions innovantes :
Entreposage fiscal (Customs Warehousing) réduisant la TVA de 20 % à 5 %
3.5 Entités étrangères possédant des biens au Royaume-Uni
Il est important de noter que depuis le 1er août 2022, toutes les entités étrangères qui possèdent des biens immobiliers au Royaume-Uni (qu’elles aient ou non un établissement permanent) sont tenues de s’inscrire au Registre des entités d’outre-mer (Register of Overseas Entities) auprès de la Companies Houses et d’identifier leurs bénéficiaires effectifs. La date limite pour ce faire est le 31 janvier 2023.
3.6 L’établissement permanent
Une société sera considérée comme ayant un établissement permanent au Royaume-Uni si (i) un agent agissant au nom de la société exerce habituellement l’autorité au Royaume-Uni pour faire des affaires au nom de la société ou (ii) la société a une présence physique sur le territoire (une succursale ou un lieu d’affaires).
Un établissement est un lieu spécifié ou identifié où la société exerce régulièrement ses activités, avec un signe visible ou une indication physique que la société a un lien avec les locaux. Il n’est pas nécessaire d’avoir un bail ni d’exercer ses activités principales dans les locaux.
Un exemple typique est un bureau, une usine, un atelier.
4. Régime fiscal et aides à l’investissement
4.1 Fiscalité des entreprises
Corporate Tax : Le taux standard est actuellement de 19 % (susceptible d’évoluer).
VAT (TVA) : 20 % (taux réduit de 5 % pour certains produits).
Business Rates : Taxes locales sur les locaux commerciaux, variables selon la municipalité.
4.2 Financement et incitations
Super Deduction : 130 % de déduction fiscale pour investissements productifs
R&D Tax Credit : jusqu’à 33 % de remboursement sur dépenses innovation
Freeports (8 zones en 2024) : exonération de droits de douane + allègement fiscal
R&D Tax Relief : Crédit d’impôt pour les dépenses de recherche et développement, avantageux pour les PME.
Patent Box : Taux réduit d’impôt sur les bénéfices tirés de brevets.
Dispositifs régionaux : Certaines régions, comme l’Écosse ou le Pays de Galles, proposent des subventions et aides à l’implantation (Scottish Enterprise, Welsh Government).
4.3 Les Impots sur le Revenu et Cotisations sociales
L’impôt sur le revenu (IRPF) fonctionne selon un système de retenue à la source (PAYE – Pay As You Earn). Les taux d’imposition varient en fonction des tranches de revenus imposables
De 12 571£ à 50 270£ : 20%
De 50 271£ à 125 140£ : 40%
Au-delà de 125 140£ : 45%
Une indemnité personnelle de 12 570£ est prévue.
Contrairement à la France, il n’y a pas de CSG ni de quotient familial
En matière de cotisations sociales (National Insurance), il s’agit d’une taxe sur les revenus finançant la sécurité sociale et le système de santé. Les entreprises individuelles et les administrateurs de sociétés anonymes sont concernés. Les employeurs doivent également mettre en place un régime de retraite (« Workplace Pension Scheme ») pour leurs salariés.
5. Stratégies de croissance externe et acquisitions
5.1 Les étapes d’une acquisition
Lettre d’intention (Letter of Intent) : clarifie les termes de base.
Due diligence : audit approfondi de la cible (financier, juridique, fiscal).
Rédaction du Share Purchase Agreement (SPA) : protocole de cession.
Closing : signature finale et transfert des titres.
5.2 Particularités au Royaume-Uni
Share deal : le plus courant, rachat des actions de la cible.
Formalités légales : Certaines acquisitions peuvent nécessiter l’approbation de la CMA (Competition and Markets Authority) en cas de position dominante.
6. Recrutement et gestion du personnel
Les règles de base en matière de recrutement exigent que les employeurs fournissent à chaque salarié un contrat de travail écrit dans les deux mois suivant le début de l’emploi, précisant les conditions essentielles telles que la date de début, la rémunération, les horaires de travail, les congés, la maladie, la retraite et les périodes de préavis.
Les employés ont droit à un minimum de 5,6 semaines de congés payés par an, incluant ou non les jours fériés (8 en Angleterre et au Pays de Galles)
La rupture de contrat pour un employé ayant travaillé au moins une année nécessite un motif. Les autres employés ont moins de protections, sauf en cas de licenciement discriminatoire. Les périodes de préavis légales varient en fonction de l’ancienneté, allant d’une semaine pour une ancienneté entre un mois et deux ans à douze semaines pour douze ans ou plus.
Marché de l’emploi : Taux de chômage bas (4 % à 5 %), main-d’œuvre qualifiée, forte attractivité de Londres et Manchester pour les profils IT.
Types de contrats : Contrats à durée indéterminée (Permanent), contrats temporaires (Fixed-term), zero-hour contracts.
Salaires : Le salaire médian au Royaume-Uni présente des variations importantes selon la région et le secteur. Il est plus élevé qu’en France pour les cadres.
Droit du travail : Plus flexible que le droit français, mais préavis, licenciements et congés maternité sont réglementés par l’Employment Rights Act.
Il est important de noter que les charges patronales augmenteront de 15% à partir d’avril 2025, atteignant 13,8% actuellement. Les charges salariales varient de 2% à 12%
Conclusion
Le Royaume-Uni demeure un marché prioritaire pour les entreprises françaises, grâce à la solidité de son économie, son dynamisme entrepreneurial et son cadre réglementaire relativement souple. Malgré le Brexit, de réelles opportunités subsistent, à condition de maîtriser les nouvelles formalités douanières et d’identifier les bons partenaires locaux. De la simple exportation jusqu’à la création d’une filiale ou l’acquisition d’une entreprise britannique, plusieurs stratégies s’offrent à vous pour développer durablement vos activités outre-Manche.
Besoin d’un accompagnement sur mesure ?
Ipanovia, cabinet de conseil en développement international, vous guide dans toutes les étapes de votre projet d’exportation ou d’implantation au Royaume-Uni. Contactez-nous pour bénéficier d’un diagnostic personnalisé, d’une étude de marché approfondie ou d’une assistance dans vos démarches administratives et juridiques.
Sources et liens utiles :
GOV.UK – Administration et formalités d’enregistrement des sociétés
En vous appuyant sur un accompagnement professionnel et une stratégie adaptée aux spécificités britanniques, vous maximiserez vos chances de succès dans vos projets d’exportation ou d’implantation au Royaume-Uni.
La société de conseil a été fondée parEmmanuel Facovi etSvetlana Loginova, deux leaders multiculturels qui ont passé plus de 20 ans aux États-Unis, en Allemagne, au Japon, en Finlande, au Canada, en Belgique, en Chine, en Russie, en Espagne et en Grande-Bretagne et qui sont passionnés par les nouvelles technologies, les innovations et les modèles disruptifs.
Dirigeant multiculturel expérimenté et passionné par les nouvelles technologies, l’innovation, les modèles disruptifs et avant tout par l’ International. Emmanuel Facovi un Expert du Digital, Data, Stratégies Marketing et solutions Saas/Tech. Il est spécialisé dans la transformation, le développement international et la direction d’entreprises technologiques à forte croissance.
Économiste et Conseil Juridique, Svetlana Facovi à une expérience internationale opérationnelle des aspects juridiques et administratifs de développement de l’entreprise sur de nouveaux marchés. Elle a exercé dans les meilleurs cabinets de conseils et pour de grands groupes internationaux.